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posté le 08/11/2017 à  16h38

Je ne parle pas français – Katherine Mansfield – 1918

 

Une traduction libre, un véritable défi tant l’écriture de Katherine Mansfield est originale et poétique. Une tentative de retrouver la musique de ses mots et son humour distancié. 

 

Je ne sais pas pourquoi j’ai une telle affection pour ce petit café. Il est sale et triste, triste. 

Ce n’est pas comme si il y avait quelque chose pour le distinguer de centaines d’autres - il n’y avait rien ; ou comme si les mêmes types étranges venaient ici tous les jours, de ceux que l’on peut observer de son propre coin, reconnaitre et comprendre plus ou moins (avec un accent sur le moins).

Mais, s’il vous plait, n’imaginez pas que ces parenthèses sont une confession de mon humilité devant les mystères de l’âme humaine. Pas du tout. Je ne crois pas à l’âme humaine. Je n’y ai jamais cru. Pas du tout. Je crois que les gens sont comme des malles cabine, remplis de choses, des choses prêtes à partir, jetées dessus, éjectées, déversées là, des objets trouvés, puis soudain elles sont à moitié vides ou plus bourrées que jamais, jusqu’à ce que finalement le Porteur Ultime les balance dans l’Ultime Train qui s’en va au loin en cliquetant sur les rails.

C’est fou comme ces malles peuvent être fascinantes. Vraiment ! Je me vois debout devant elles comme un douanier.

« Avez vous quelque chose à déclarer ? Vins, spiritueux, cigares, parfums, soies ? »

 

à suivre…



posté le 08/11/2017 à  15h52

DÉRIVES de KYOTO – Avril 2016 - extrait

 

Promenade à Kyoto, les sens en éveil …

 

Ruelles tordues et avenues alignées, tranchée en deux avec douceur par la rivière Kamo, bruissante et sereine, Kyoto ville douce se laisse arpenter sans résistance. 

Le printemps y est léger, subtilement parfumé, instant de tiédeur bienheureuse avant l’été lourd de chaleur. Les foules bigarrées se concentrent ou disparaissent au gré des temples connus et inconnus, la musique des langues mélangées s’estompe au loin remplacée par les sons des pas sur les cailloux, les sifflements d’oiseaux inconnus, les frémissements envoutants des jeunes feuillages des érables et des bambous.  

En flânant le long de la rivière bordée des maisons de bois traditionnelles et de leurs terrasses en avancée, on se réjouit de ce bazar poétique si typiquement japonais, fleurs en pots désassortis, bric-à-brac soigneusement entassé, clim et frigo exfiltrés des intérieurs trop petits. Les eaux glougloutent, d’élégantes grues cendrées se perchent sur les murets et se laissent nonchalamment approcher comme de simples pigeons de Paris, de mignonnes petites vieilles promènent de minuscules chiens, quelques notes grêles de shamisen ponctuent le calme.  C’est le matin. 

 

à suivre…

 

 

 



posté le 08/11/2017 à  15h49

LA MAKER FAIR - 2016

 

 

Un instantané capté en 2016 lors d’une visite à la Maker Fair au sein de la foire de Paris

 

Q, le Doc, R2D2, Géo Trouvetout et Gaston Lagaffe se sont donnés rendez vous à la Porte de Versailles ; ou en tout cas, leurs dignes héritiers qui vibrionnent dans une ruche sommairement aménagée pour accueillir leurs inventions en points de suspension.  

Vivez intensément ce moment car il n’est pas si fréquent de rencontrer un joyeux pêle-mêle de bidouilleurs amateurs et de savants déjà fous mais encore jeunes.   

 

Bienvenue dans un monde à part, une foire brute de décoffrage qui met les sens à vif, qui les rudoie sans ménagement ; appréciez sans retenue le goût puissant de l’enthousiasme, le tintamarre des cerveaux en ébullition, la musique tapageuse et discordante des neurones en action, le fumet sans chichi d’un bête sandwich au jambon abandonné sur un coin de table au profit d’une discussion bien plus nourrissante.  

Car plus étonnant encore : ces drôles de gens ont envie de parler ! Ils adorent décoder leurs bricolages, disséquer pour vous leurs étranges machines, raconter leurs envies et leurs idées de génie dans un brouhaha de sons et de voix qui vous enveloppe comme des milliers de confettis. Des pulsations de bip bip désuets, des coups de trompe électroniques, des couinements de cornemuse synthétique, des rythmes tachycardiaques. 

 

À suivre …

 

 



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