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posté le 29/11/2017 à  10h17

Du DA à l’IA, l’avenir du design de mode sous le pouvoir du Big Data -

Et si… demain le métier de styliste était exécuté par un algorithme ? 

Et pourquoi c’est quand même une bonne nouvelle pour la mode et la création ?

 

 

Et si… demain le métier de styliste était exécuté par un algorithme - autrement dit une intelligence artificielle capable de sentir les tendances, imaginer un plan de collection et dessiner toutes les pièces d’une collection ? 

La collecte massive des données, la capacité des systèmes d’information à gérer, trier, hiérarchiser une masse d’information de plus en plus monstrueuse, les progrès du « machine Learning » qui vont transformer nos ordinateurs en objets apprenant à une vitesse surhumaine sont des faits quasiment acquis. 

La source ? Nous même ! 

Alimentant les machines infernales de nos images personnelles, de nos recherches sur le web, partageant nos goûts, nos amitiés, nos détestations. 

Les utilisateurs de ces technologies avancées ? Les grands groupes de la distribution qui se nourrissent déjà avidement du Big data pour proposer des produits de mode au succès quasiment assuré.

La méthodologie basée sur les analyses des données du marché a ouvert la voie et changé profondément les métiers de la mode. Le groupe Zara et les acteurs-clé du mass market devraient franchir ce nouveau pas technologique sans états d’âmes tant elle en est la suite logique. Encore quelques années seront nécessaires mais on ne voit pas quels obstacles pourraient réellement y mettre un frein. Le système atteindra sa perfection grâce à un croisement intelligent entre la récolte des données personnelles des consommateurs, les retours des résultats commerciaux en temps réel de tous les points de vente, l’analyse des publications mode sur les réseaux sociaux, l’identification des macro tendances, les images des défilés et des street-style. 

Notre fashion designer dématérialisé sera en capacité de dessiner la collection idéale, de produire des dessins directement exploitables par les systèmes industriels en réseau, prototypage, coupe et lancement de production. Et la matière ? Rien de plus simple, une recherche sera lancée auprès des plateformes de sourcing en ligne parfaitement opérationnelles telles qu’elles existeront bientôt, échantillonnage et stocks seront gérés au jour le jour et même heure par heure. Probablement le supercalculateur fera aussi montre de vertu au point de sélectionner non seulement la plus avantageuse des combinaisons mais également la moins coûteuse du point de vue environnemental.  Il préconisera une chaine de production optimale, garantira un sourcing matières passé au crible de tous ses avantages et inconvénients, ne sélectionnera que des sites de production validés et gèrera l’empreinte carbone du transport d’une manière ultra pointue. 

Il faut croire à ce scénario car il n’est que la projection logique quasi algorithmique de ce qui est en train de se mettre en place. Ce prêt-à-porter de diffusion massive va continuer d’exister, donner accès à des produits élaborés, séduisants, pile dans l’air du temps du moment, à des populations de plus en larges. Le système d’information y intégrera d’ailleurs les données culturelles locales pour un succès encore plus éclatant. 

 

Alors ? Le champ est libre pour enfin explorer de nouveaux mondes, sortir de la tiédeur, la redondance et de l’entre soi. Nous devons nous donner les moyens, de mettre en culture des idées fraiches. Aborder le design et la création avec une forme d’opiniâtreté, oser s’installer dans une durée de développement longue. Faire communiquer l’art et la mode, la mode et la science, modeler le nouveau statut du créatif, du designer, ni diva capricieuse ni esclave du marketing. 

Laissons nous emporter sans tabou par la puissance visionnaire de quelques surdoués, par l’énergie généreuse de ceux qui ont des idées folles. Écoutons attentivement ceux qui réfléchissent, ceux qui voient en grand angle ou qui creusent profond, adoptant l’attitude du chercheur. Soyons chercheurs de mode !

Il est temps de briser les barrières de l’impossible, d’ouvrir son regard vers les autres territoires où la création est à l’oeuvre, de se mettre en partage créatif, pour donner naissance à des idées et des produits aussi audacieux qu’évidents. 

La dématérialisation à outrance nous conduit tout droit vers une revanche de la matière. La sensualité proclame notre identité humaine. Le vêtement, porteur de sensations, media du vécu, chargé de sens, a toute sa place dans cet environnement du futur. Les nouveaux matériaux issus de l’impression 3D ou des bio technologies ouvrent des perspectives esthétiques qui vont bousculer notre passéisme béat, nos idées reçues et vont faire éclore des formes et des touchers encore inconnus. De nouvelles machines vont faire apparaître de nouvelles textures, modifier les process de production. Les exigences environnementales sont en train de se transformer en puissants moteurs d’innovation. Or, la création s’épanouit particulièrement bien dans la contrainte ! 

 

Les prémices de cette mode sont déjà présents et ce n’est pas faire un pari risqué de projeter son épanouissement futur. Une mode « en pleine conscience » émergera demain, une mode plus connectée à l’intime ou plus altruiste mais surtout moins arrimée au regard de l’autre. Elle co-existera avec des modèles plus standardisés qui - pour caricaturer - finiront par ne satisfaire que des besoins primaires. Les modèles économiques des empires de mode devront s’adapter à un marché saturé et repu. Ils mettrons alors - n’en doutons pas ? - leurs énormes capacités d’investissement au service d’une créativité produite par un cerveau humain, sensible, imparfait et génial. 

 

 

 



posté le 08/11/2017 à  16h38

Je ne parle pas français – Katherine Mansfield – 1918

 

Une traduction libre, un véritable défi tant l’écriture de Katherine Mansfield est originale et poétique. Une tentative de retrouver la musique de ses mots et son humour distancié. 

 

Je ne sais pas pourquoi j’ai une telle affection pour ce petit café. Il est sale et triste, triste. 

Ce n’est pas comme si il y avait quelque chose pour le distinguer de centaines d’autres - il n’y avait rien ; ou comme si les mêmes types étranges venaient ici tous les jours, de ceux que l’on peut observer de son propre coin, reconnaitre et comprendre plus ou moins (avec un accent sur le moins).

Mais, s’il vous plait, n’imaginez pas que ces parenthèses sont une confession de mon humilité devant les mystères de l’âme humaine. Pas du tout. Je ne crois pas à l’âme humaine. Je n’y ai jamais cru. Pas du tout. Je crois que les gens sont comme des malles cabine, remplis de choses, des choses prêtes à partir, jetées dessus, éjectées, déversées là, des objets trouvés, puis soudain elles sont à moitié vides ou plus bourrées que jamais, jusqu’à ce que finalement le Porteur Ultime les balance dans l’Ultime Train qui s’en va au loin en cliquetant sur les rails.

C’est fou comme ces malles peuvent être fascinantes. Vraiment ! Je me vois debout devant elles comme un douanier.

« Avez vous quelque chose à déclarer ? Vins, spiritueux, cigares, parfums, soies ? »

 

à suivre…



posté le 08/11/2017 à  15h52

DÉRIVES de KYOTO – Avril 2016 - extrait

 

Promenade à Kyoto, les sens en éveil …

 

Ruelles tordues et avenues alignées, tranchée en deux avec douceur par la rivière Kamo, bruissante et sereine, Kyoto ville douce se laisse arpenter sans résistance. 

Le printemps y est léger, subtilement parfumé, instant de tiédeur bienheureuse avant l’été lourd de chaleur. Les foules bigarrées se concentrent ou disparaissent au gré des temples connus et inconnus, la musique des langues mélangées s’estompe au loin remplacée par les sons des pas sur les cailloux, les sifflements d’oiseaux inconnus, les frémissements envoutants des jeunes feuillages des érables et des bambous.  

En flânant le long de la rivière bordée des maisons de bois traditionnelles et de leurs terrasses en avancée, on se réjouit de ce bazar poétique si typiquement japonais, fleurs en pots désassortis, bric-à-brac soigneusement entassé, clim et frigo exfiltrés des intérieurs trop petits. Les eaux glougloutent, d’élégantes grues cendrées se perchent sur les murets et se laissent nonchalamment approcher comme de simples pigeons de Paris, de mignonnes petites vieilles promènent de minuscules chiens, quelques notes grêles de shamisen ponctuent le calme.  C’est le matin. 

 

à suivre…

 

 

 



posté le 08/11/2017 à  15h49

LA MAKER FAIR - 2016

 

 

Un instantané capté en 2016 lors d’une visite à la Maker Fair au sein de la foire de Paris

 

Q, le Doc, R2D2, Géo Trouvetout et Gaston Lagaffe se sont donnés rendez vous à la Porte de Versailles ; ou en tout cas, leurs dignes héritiers qui vibrionnent dans une ruche sommairement aménagée pour accueillir leurs inventions en points de suspension.  

Vivez intensément ce moment car il n’est pas si fréquent de rencontrer un joyeux pêle-mêle de bidouilleurs amateurs et de savants déjà fous mais encore jeunes.   

 

Bienvenue dans un monde à part, une foire brute de décoffrage qui met les sens à vif, qui les rudoie sans ménagement ; appréciez sans retenue le goût puissant de l’enthousiasme, le tintamarre des cerveaux en ébullition, la musique tapageuse et discordante des neurones en action, le fumet sans chichi d’un bête sandwich au jambon abandonné sur un coin de table au profit d’une discussion bien plus nourrissante.  

Car plus étonnant encore : ces drôles de gens ont envie de parler ! Ils adorent décoder leurs bricolages, disséquer pour vous leurs étranges machines, raconter leurs envies et leurs idées de génie dans un brouhaha de sons et de voix qui vous enveloppe comme des milliers de confettis. Des pulsations de bip bip désuets, des coups de trompe électroniques, des couinements de cornemuse synthétique, des rythmes tachycardiaques. 

 

À suivre …

 

 



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